Les fichi d’india de Michele

DSC09424Un rendez-vous fixé en début d’après-midi à l’entrée de Caltagirone, un coup de fil pour se retrouver et nous voilà dans la voiture de Michele Russo qui nous emmène, via quelque strada wild, comme il nous en prévient, visiter le domaine de figuiers qu’il exploite, puis le bosco di San Pietro (1), réserve naturelle forestière, – il faut absolument que vous voyez cet endroit !– pour terminer, un enlisement de voiture plus tard et la fin d’après-midi venue, devant un granita alla mandorla dans le centre de Caltagirone, par ailleurs célèbre pour ses céramiques.
Passer un après-midi avec Michele, c’est être emporté par un irrésistible enthousiasme botanico-agro-écologique. Revenu en Sicile après quelques années de travail sur le continent, Michele semble connaître, comme des amis que l’on rencontre en chemin, le nom de chaque plante que nous croisons – goûtez cela : c’est de l’asperge sauvage ! – et déborde de passions et de projets : la permaculture, un laboratoire de produits transformés bientôt terminé,  l’apiculture, la création de jardins potagers  – c’est important que les gens puissent produire leurs propres aliments, la Sicile pourrait être auto-suffisante – , la production de fertilisants bio, etc. etc.

DSC09394Dans son domaine en permaculture, – culture sauvage plus que bio, nous dit Michele – il a laissé 200 de ses 1400 figuiers de barbarie « s’accoupler » avec des chênes et constaté que ces chênes croissaient deux fois plus vite que la normale. Michele en a parlé à un professeur d’agronomie de Palerme, qui lui rétorquera d’abord que la chose est impossible, mais qui finalement se déplacera et lancera une recherche – car si le phénomène est avéré, il y a peut-être là DSC09392une voie nouvelle pour le reboisement d’espaces en Sicile.

Derrière le champ de figuiers, un grand terrain dans lequel Michele a planté peu à peu 250 variétés de plantes ou d’arbres fruitiers autochtones en Sicile, mais quasi DSC09395disparues.  Et aussi quelques exemples de potagers esthétiques et productifs, ne nécessitant que peu d’apports en eau, grâce à une architecture en mini-terrasses circulaires.

Au milieu des figuiers, paissent des vaches, plus exactement des veaux du voisin, car plus grandes, celles-ci s’avèrent être très friandes, malgré les épines, de fichi d’india…

Il est d’ailleurs temps d’en parler de ces fameuses figues de barbarie ! La suite ici.

Grazie mille pour ce bel après midi, Michele ! [à compléter en suivant sa page Facebook : Fico d’india Caudarella]

(1) Le petit village de San Pietro, situé au milieu de la réserve, fut le lieu d’une incroyable sicilianerie : icien 1924,  Mussolini posa la première pierre d’une cité-jardin modèle promise au nom de Mussolinia. Le projet n’arrivera cependant jamais à terme : Mussolini rentré sur le continent, les travaux ne démarrèrent jamais vraiment;  on se contenta localement d’empocher l’argent et d’envoyer à Rome des photos de bâtiments neufs… prises en d’autres endroits d’Italie. Cette histoire a été romancée par Andrea Camilleri  dans  Privo di titolo, (Sellerio, 2005) – traduction française : Privé de titre (Fayard, 2007)